Entre le toit et la lune

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J’avais déposé sur un coin du mur,  les toits de Paris . Le coin de la photo pendait telle une déchirure , tu savais oui tu savais. Moi je ne savais pas encore.

Que les années savent danser sur le toit des regrets .

Que la gouttière est étroite , et que l’on peut y demeurer , lune après lune , attendant le rayon d’une présence qui déjà manquera .

Miles Davis thème « ascenseur pour l’échafaud » 1957.

 

Les feuilles mortes

La chanson de Prévert (Duo Abrial & Jye )


De quoi ça parle?
– De l’amour.
A cette réponse du vieux, il se rapprocha, très intéressé.
– Sans blague? Avec des bonnes femmes riches, chaudes et tout?
Le vieux ferma le livre d’un coup sec qui fit trembler la flamme de la lampe.
– Non. Ça parle de l’autre amour, celui qui fait souffrir.
Luis Sepúlveda ,  Le vieux qui lisait des romans d’amour

À chacun son chemin, chacun ses déchirures..

Jaimie Alexanders

Jaimie Alexanders ( Blindspot ) via angelinilorca

Les vieux rêves étaient des bons rêves. Ils ne se sont pas réalisés, mais je suis content de les avoir eus.

Robert James Waller /Sur la route de Madison

 

Etienne Daho – La peau dure

Confusion…

La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

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Il existe un Tunnel obscur dans la Lumière Infinie.
On l’appelle « Temps ».

Lorsqu’un Humain entre dans ce Tunnel,
On appelle cela « Naître ».

Lorsqu’un Humain marche au long de ce Tunnel,
On appelle cela « Vivre ».

Lorsqu’un Humain sort de ce Tunnel,
On appelle cela « Mourir ».

Considérer que vivre se réduit à évoluer au long de ce Tunnel obscur,
Cela s’appelle « Illusion ».

Percer des trous dans ce Tunnel obscur,
Cela s’appelle « Science ».

Savoir que la Lumière est autour du Tunnel,
Cela s’appelle « Foi ».

Voir la Lumière dans le Tunnel obscur,
Cela s’appelle « Amour ».

Voir la Lumière à travers le Tunnel obscur,
Cela s’appelle « Sagesse ».

Éclairer le Tunnel obscur de sa propre Lumière,
Cela s’appelle « Sainteté ».

Confondre la Lumière et le Tunnel obscur,
Cela est au-delà des mots. (*)

(Source: annajoganiyan)

King…

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La Castration mentale — Encres et Paroles

Parfois, la pensée coule ainsi dans les yeux et s’en va vers les objets susceptibles de lui faire un chemin : il arrive alors qu’elle égare son projet, puis brusquement le ressaisisse par un mouvement qui la déchire et lui révèle ce courant interne : le sens. Écrire et parler se ressemblent par un emploi […]

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Lunaire

La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

Lunarium by Pandora-intheSKY on @DeviantArt (via maeiajiatheme)

« La Lune, qui est le caprice même, regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit : “Cette enfant me plaît”.

Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s’étendit sur toi avec la tendresse souple d’une mère, et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes, et tes joues extraordinairement pâles. C’est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis, et elle t’a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l’envie de pleurer.

Cependant, dans l’expression de sa joie, la Lune remplissait toute ta chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux ; et toute cette lumière vivante pensait et disait : “Tu subiras éternellement l’influence de mon baiser. Tu…

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La poétique de la rêverie — Encres et Paroles

Au lieu de chercher du rêve dans la rêverie, on chercherait de la rêverie dans le rêve. Il y a des plages de tranquillité au milieu des cauchemars. Robert Desnos a noté ces interférences du rêve et de la rêverie : «Bien qu’endormi et rêvant sans pouvoir faire la part exacte du rêve et de […]

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Autre et d’ailleurs — La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

Ne pas oublier une seconde que celui ou celle avec qui tu parles vient d’ailleurs, que ses goûts, ses pensées et ses gestes ont été façonnés par une longue histoire, peuplée de beaucoup de choses et d’autres gens que tu ne connaîtras jamais. Christian Bobin (via)

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Loin du monde ..

 » J’étais ailleurs, loin du monde, loin de moi.

C’est parfois reposant de se perdre de vue.  »

Blandine Le Callet , La Ballade de Lila K 

 

Dick Annegarn – Piano dans l’eau

Photo : Mira Nedyalkova 

De délire en désir à désir en délire

La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

Nous avons rapporté le délire prophétique à Apollon ; celui des initiés, à Dionysos ; celui des poètes, aux Muses, et le quatrième enfin, qui est celui des amants, à Aphrodite et à Éros. C’est ce dernier délire occasionné par l’amour que nous avons déclaré le meilleur.

Platon, Phèdre, 265

Shell by stonelantern (via lesfleursetlasouris)

Que l’amour soit un désir, c’est évident pour tous. Mais nous savons, d’autre part, que ceux qui n’aiment pas désirent aussi ce qui est beau. Comment donc discernerons-nous celui qui aime de celui qui n’aime pas? Il faut aussi penser qu’il est en chacun de nous deux principes qui nous gouvernent, qui nous dirigent et que nous suivons là où ils nous conduisent. L’un est le désir inné du plaisir ; l’autre, sentiment acquis, est la propension vers le mieux. Ces deux principes sont en nous tantôt en harmonie, tantôt en désaccord, et…

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Ce qui parle pas, je l’écoute.


(Ibrahim Maalouf – Beirut )

 

Ce qui parle pas,

je l’écoute.

Ce qui n’a pas lieu

je le retrouve dans

son lieu.

Ce qui tombe,

je me retiens à son assise.

Je vois vivre

tout ce qui meurt.

Je disparais

avec ce qui demeure.

Claude Esteban ,  Le jour à peine écrit 

   Photo :Cansu Ozkaraca

 

 

 

Grises ou azur     — La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

Je peux te promettre solennellement qu’il ne lui arrivera rien de fâcheux ; il ne subira aucun préju­dice : les cornes qu’il portera resteront invisibles. Par beau temps elles seront d’azur, elles seront grises les jours de pluie. Kundera, L’Immortalité, folio p. 504 C’est sa fidélité même qui le rend aussi immuable, aussi taciturne, aussi limité. Mais […]

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Le chant d’oiseau — encres et paroles

Un chant d’oiseau en printemps , une feuille jaunie qui tombait d’un arbre en automne et le bruit des gouttelettes d’eau sur mon cartable d’écolier me rendaient heureux , je me sentais vivant en phase avec la nature et mes semblables , nous rions aux éclats quand on rentrait chez nous mouillés comme des oisillons […]

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des œuvres créées avec des crayons issus de la Jungle de Calais

Sara Shamma

“Alien: Two Heads”, Sara Shamma, 2019. (© Sara Shamma/Migrate Art)

À partir de matériaux, de stylos et de crayons retrouvés dans les ruines de la Jungle de Calais – un camp de migrant·e·s démantelé fin 2016 qui abritait environ 10 000 réfugié·e·s à l’époque –, des artistes tels qu’Anish Kapoor, Mark Wallinger, Richard Deacon, Rachel Whiteread, Jeremy Deller, la Syrienne Sara Shamma, Nari Ward, Pejac, Sean Scully, et bien d’autres, ont uni leurs forces pour lever des fonds qui iront à 90 % à des œuvres caritatives sensibles à la condition des réfugié·e·s

Source  : aider-migrants-oeuvres-creees-crayons-issus-de-jungle-de-calaisAnish Kapoor,

« Untitled », Anish Kapoor, 2019. (© Anish Kapoor/Migrate Art)

Pejac

« Reyuela », Pejac, 2019. (© Pejac/Migrate Art)

Je me suis trompé. Aucune frontière n’est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. Nous avons cru pouvoir passer sans sentir la moindre difficulté, mais il faut s’arracher la peau pour quitter son pays. Et qu’il n’y ait ni fils barbelés ni poste frontière n’y change rien. J’ai laissé mon frère derrière moi, comme une chaussure que l’on perd dans la course. Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes.

Laurent Gaudé ,  Eldorado

… la peur pourrait bien être la seule chose qui nous sauvera,

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En octobre 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), créé par les Nations unies, a publié un document surnommé le “rapport de la fin du monde” – “le son perçant et assourdissant de l’alarme incendie dans la cuisine”, selon les termes d’un fonctionnaire de l’ONU. On y lit les effets sur le climat d’un réchauffement de + 1,5 °C et + 2 °C [par rapport à la période préindustrielle].

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L’augmentation des températures pourrait se solder par une chaleur mortelle dans les plus grandes métropoles du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud, peut-être dès 2050. Dans l’Arctique, les glaces risquent de fondre complètement l’été et la calotte glaciaire dans l’Antarctique

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Si nous ne faisons rien, il faut s’attendre à l’effondrement de nos civilisations et à la disparition de la nature dans sa quasi-totalité. (David Wallace-Wells)

Dessins : Tjeerd Royaards

PHOTO: REUTERS VIDEO: ATLAS 

Source : THE NEW YORK TIMES ( Courrier International)

 

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Tiens l’œil fixé sur la voie du sommet, mais n’oublie pas de regarder à tes pieds. Le dernier pas dépend du premier. Ne te crois pas arrivé parce que tu vois la cime. Veille à tes pieds, assure ton pas prochain, mais que cela ne te distraie pas du but le plus haut. Le premier pas dépend du dernier.

René Daumal – Le Mont Analogue 

Là-haut..

The Moon is Ours by ©Jenny Woods

The Moon is Ours by ©Jenny Woods

La lune est absente cette nuit, le vent gémit comme un nouveau-né.
Là-haut, un dieu affronte une déesse en bousculant les étoiles

Shan Sa, La Joueuse de go

Neil Young – Harvest Moon

 

J’aimerais aimer ma solitude..

Le cycle de Cyann 6

Le cycle de Cyann 4

Mon père disait toujours : “si tu veux commander, aime ta solitude!”
-Tu aimes commander?
-J’aimerais aimer ma solitude. 

( Le Cycle de Cyann, tome 2 : Six saisons sur IlO )  de Claude Lacroix et François Bourgeon

  

Billie Holiday – Solitude

… Ce rêve étrange et pénétrant

La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine, Mon rêve familier

Paul Delvaux
Paul Delvaux – La joie de vivre

Prolongements en rêveries…

Inconnue, il le faut pour que ce…

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Amitié d’étoiles

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Little Girl

Nous étions amis et nous sommes devenus l’un pour l’autre des étrangers. Mais cela est bien ainsi et nous ne voulons ni nous en taire ni nous en cacher, comme si nous devions en avoir honte. Nous sommes deux vais­seaux dont chacun a son but et sa route tracée ; nous pouvons nous croiser, peut-être, et célébrer une fête ensemble, comme nous l’avons déjà fait, — et ces braves vaisseaux étaient si tranquilles dans le même port, sous un même soleil, de sorte que déjà on pouvait les croire à leur but, croire qu’ils n’avaient eu qu’un seul but commun. Mais alors la force toute puissante de notre tâche nous a séparés, poussés dans des mers différentes, sous d’autres rayons de soleil, et peut-être ne nous reverrons-nous plus jamais, — peut-être aussi nous reverrons-nous, mais ne nous recon­naîtrons-nous point : la séparation des mers et des soleils nous a transformés…

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la révolution du silence

Encres et Paroles

La vérité n’est jamais dans le passé. Les vérités du passé sont les cendres de la mémoire. La mémoire appartient au temps. Dans les cendres mortes d’hier il n’y a pas de vérité. La vérité est une chose vivante, elle n’est pas dans la sphère du temps

Krishnamurti


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BARBARA ….L’ aigle noir ( 1970 )

 

 

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Barbara / L’aigle noir 

“L’aigle Noir est la métaphore d’un élan vers le monde des souvenirs , vers le monde de l’enfance de la narratrice “ . 

Barbara a rédigé un 8e couplet demeuré inédit à quelques exceptions prés , au début des années 1970 :

Quatre plumes couleur de la nuit
Une larme ou peut-être un rubis
J’avais froid, il ne me restait rien
L’oiseau m’avait laissée seule avec mon chagrin

 

  Barbara : L’intégrale ( L’archipel, 2012 )

Échec & élan

La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

Très tôt dans ma vie, j’ai eu le sentiment qu’il y avait en l’homme une tendance inévitable vers la chute. L’homme doit tomber. Et l’on doit accepter cette idée presque insupportable, l’idée de l’échec, dans un monde voué au culte du succès. Mais, symétriquement de la chute, il y a dans l’homme un élan vers le haut. La pensée, le langage, l’amour, toute création participent de cet élan. Il y a donc un double mouvement de chute et d’élévation dans l’homme, une sorte de loi de la gravité paradoxale. Entre deux mouvements, il y a une dimension verticale.

Roberto Juarroz,Interview de Jacques Munier pour les Nouvelles littéraires (via causeries-litteraires)

Louis Treserras – The illusions flight, with Lauralou Abattu

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Anouar Brahem Jazz Sous les Pommiers 2014 — Niala-Loisobleu

Anouar Brahem Jazz Sous les Pommiers 2014 Migrant par vent de sable l’accorde au saxo s’installe oasis au bocage les meuhs sur échasses offrent une bolée sous les pommiers aux chats mots… N-L 13/02/19

via Anouar Brahem Jazz Sous les Pommiers 2014 — Niala-Loisobleu

Les yeux n’ont pas d’âge,

Luo Zhongli  (Source: artodyssey1.blogspot.fr )

Je me souviens d’avoir pensé que les yeux n’ont pas d’âge, et que l’on meurt avec ses yeux d’enfant, toujours, ses yeux qui ont un jour se sont ouvert sur le monde et ne l’ont plus lâché.

Philippe Claudel , Le Rapport de Brodeck

 

Kaléïdoscope, un poème de Paul Verlaine — La Bouche à Oreilles

J’ai découvert ce poème il y a peut-être une quinzaine d’années et il m’a tout de suite plu par son mélange de raffinement et de trivialité, c’est maintenant l’un de mes poèmes préférés de Verlaine. Je trouve qu’il se marie bien avec la peinture impressionniste, aussi je l’ai accompagné du célèbre tableau de Renoir « Bal […]

via Kaléïdoscope, un poème de Paul Verlaine — La Bouche à Oreilles

Déconvenues habituelles

La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

Yoshitaka Amano (via maeiajiatheme / ishiganto / thewindowofthesummerhouse)

Tel qu’il est, [le peuple] représente une invitation au despotisme. Il supporte ses épreuves, parfois il les sollicite, et ne se révolte contre elles que pour courir vers de nouvelles, plus atroces que les anciennes. La révolution étant son seul luxe, il s’y précipite, non pas tant pour en retirer quelques bénéfices ou améliorer son sort, que pour acquérir lui aussi le droit d’être insolent, avantage qui le console de ses déconvenues habituelles, mais qu’il perd aussitôt qu’on abolit les privilèges du désordre. Aucun régime n’assurant son salut, il s’accommode de tous et d’aucun.

Emil Cioran, « L’école des Tyrans », Histoire et Utopie

Être seul était ma religion. Vous êtes devenue le centre de ma vie, la déesse de celui qui ne croit en rien, le plus grand bonheur et malheur jamais rencontrés.

Emil Cioran, Lettre à Friedgard Thoma

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Hermann Hesse / L’Art de l’oisiveté

 

J’appris qu’être aimé n’est rien et qu’aimer est tout ; je compris également de plus en plus clairement que seule notre capacité à sentir les choses, à éprouver des sentiments rendait notre existence précieuse et gaie.

Quel que fût l’endroit sur terre où j’apercevais ce qu’on nomme « le bonheur », je constatais que celui-ci naissait de la richesse de nos impressions.

L’argent n’était rien, le pouvoir n’était rien ; on rencontrait beaucoup de personnes qui possédaient les deux et demeuraient pauvres. La beauté n’était rien ; certains hommes et certaines femmes demeuraient pauvres, eux aussi, malgré tout leur éclat. La santé, elle non plus, n’avait pas beaucoup de poids ; la forme de chaque personne dépendait de son état psychologique ; bien des malades heureux de vivre prospéraient jusqu’à la veille de leur mort, et bien des hommes en bonne santé dépérissaient avec angoisse dans la crainte de la douleur. En revanche, quand un homme éprouvait des sentiments intenses et les acceptait en tant que tels, quand il les cultivait et en jouissait au lieu de les rejeter et de les tyranniser, il connaissait toujours le bonheur.

De même, la beauté ne rendait pas heureux celui qui la possédait, mais celui qui était capable de l’aimer, de la vénérer.

Hermann Hesse / L’Art de l’oisiveté

 

jusqu’à l’infini… (Kim Thúy , Ru)

Mes parents nous rappellent souvent, à mes frères et à moi, qu’ils n’auront pas d’argent à nous laisser en héritage, mais je crois qu’ils nous ont déjà légué la richesse de leur mémoire, qui nous permet de saisir la beauté d’une grappe de glycine, la fragilité d’un mot, la force de l’émerveillement. Plus encore, ils nous ont offert des pieds pour marcher jusqu’à nos rêves, jusqu’à l’infini.

Kim Thúy ,  Ru
Photos : lori vrba
© Lori Vrba- Genesis – from the Drunken Poet_s Dream serie

La Bibliothèque se perpétuera : éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète

« Où l’Amour trouve des fleurs et des parfums,
c’est là qu’il se plaît et qu’il s’arrête. »

Platon, Le Banquet, 196b

gacougnol:
“Franck Follet
Naked Beauty #21
2015
”
gacougnol: Franck FolletNaked Beauty #21 2015 (via almavio)

L’Amour (Eros) est un poète si habile qu’il rend poète qui il veut. Tout homme le devient en effet, fût-il auparavant étranger aux Muses, sitôt qu’il est touché par l’Amour.

Platon, Le Banquet, 196e

Jamais l’Amour ne s’attache à la laideur. Aussitôt que l’Amour parut, l’amour du beau répandit tous les biens parmi les dieux et parmi les hommes.

Platon, Le Banquet, 197b

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